First Ireality

First Ireality







J'ai réappris aujourd'hui combien l'amour peut faire mal. Il ne s'agit pas d'une découverte, sinon d'un rappel, qui pourrait me bloquer et me faire réfléchir, mais en réalité c'est à chaque fois pareil... J'aime comme une folle, de tout mon être, je donne tout l'amour dont je dispose, puis quelque chose me déçoit, me blesse, et il ne s'agit pas de ce que chacun appelle communément un coup de blues ou quelque chose de passager, non... Je vis toujours dans l'excès, et c'est ce qui me cause tant de malheurs, mais m'offre aussi tant de joie.

Mon c½ur était de pierre depuis « celui-là », j'en ai rencontré tant d'autres, que je me suis refusée à aimer, puis j'ai rencontré « celui-ci », qui m'a rappelé mon amour pour l'amour, m'a remémoré ma vraie nature, celle qui me rend au fond si heureuse. Tout ça parce que je croyais que lui aussi était dans ce don énorme, qu'enfin j'avais trouvé celui avec lequel je recevrai au moins autant que ce que je donne. Mais avec toutes les joies que cela comporte, qui sont si fortes et si extraordinaires arrivent aussi ces pleurs, ces cris déchirants qui durent des heures, je ne peux plus rien dire, je voudrais m'enfermer, puis je prends conscience que peut-être, c'était une erreur de revenir à ce mode de vie, à cette façon de voir les choses.

D'énormes bonheurs pour d'énormes souffrances, ou quelques bonheurs et peu de souffrance, sinon pas. Me serais-je trompée ? Peut-être aurais-je dû ne pas l'envoûter, ne pas tenter encore une fois, toute libertine que j'était, de charmer un homme pour le plaisir de le voir à mes pieds ? Alors qu'aujourd'hui, le libertinage est bien loin, je suis dépendante, je suis l'arroseuse arrosée, l'haleine alcoolisée le plus souvent, oublier, oublier, que je l'aime, que je ne peux plus me passer de lui. Je suis fatiguée, après tant d'efforts, je suis fatiguée, après tant d'amour, et si peu de retour... Je sais qu'il adore le degré extrême d'amour que j'ai pour lui, espérait-il ne jamais avoir à donner en retour ? Croyait-il que le simple don de toute ma personne suffisait à mon bonheur ? A présent qu'il se soucie de moi, ne comprend-il pas que j'aie à présent besoin d'être portée et aimée ?

Aimer comme j'aime est à double tranchant... Certes, cela me rends heureuse et rends les autres heureux, mais lorsque cela me blesse, c'est terriblement douloureux... Je ne saurai mieux exprimer ce que je ressens, il y a si peu de mots pour la tempête qui m'agite constamment. Je ne puis me résoudre à vivre dans le terre à terre et la mesure, et si l'on me veut ainsi, alors qu'on abandonne, je ne suis que passion et extrêmes, presque déconnectée de la réalité, du moins de la société et de ses normes qui font que tous sont les mêmes ignobles anti-communication, anti-curiosité, anti-spontanéité. Et l'on se demande encore pourquoi je souhaite partir loin d'ici ?

Si mon voyage (dont beaucoup se moquent, puisque là encore il ne s'agit de rien de normal ni d'habituel) est plein de curiosité de l'autre, des autres, il est aussi une fuite, ainsi qu'un refuge dans ma solitude pour mieux apprécier les valeurs qui me sont propres, comme l'originalité et le don de soi, tout en décidant de m'empêcher de me faire souffrir en restant trop peu de temps pour apprécier, aimer ces gens...

Je ne peux m'empêcher d'aimer, et c'est de toute manière ce qui me rend fondamentalement heureuse. Il s'agit peut-être simplement de se préserver. Mais ne serait-ce pas un frein à ma spontanéité ?


Qui se permet de penser comprendre ce que je ressens sans même m'écouter ?


Ne plus aimer serait sans doute ce qui me ferait le moins souffrir. Mais je pense en être incapable, pour avoir la preuve de l'absence de succès de cette méthode, et surtout la preuve de l'inutilité d'un tel refoulement de ce qui emplit ma vie et est vital pour contrer la somnolence et la lassitude qui s'opèrent naturellement dans mon esprit.



La forme est-elle si importante alors que le fond est à la fois si profondément personnel et délivre un message si fort pour son auteur ?

# Posté le mardi 31 mars 2009 12:11

Life is a dream

Life is a dream
Ce soir, grosse fête chez Nico. Arthur ramène de la coke, comme d'hab, et il nous a prévu une petite surprise a-t il dit. Je me mets en route, rendez-vous dans un quart d'heure, je vais encore être en retard.
La surprise d'Arthur s'avère être des champignons hallucinogènes, okay, tous friands de nouvelles expériences, on a le sourire et on teste sans rechigner. J'essaye à mon tour et là... Wouaaah...



Je crois qu'ils se transforment tous, je vois des choses qui n'existent pas, des couleurs que je ne connaissais pas, et des sons qui m'étaient tout aussi inconnu... En fait je crois que j'entends les couleurs et que je vois les sons. J'adore.

Mary vient de se transformer en ours, ils ont tous des tronches d'animaux, on est morts de rire, on a tous à peu près les mêmes réactions: on s'approche, on aboie et on s'en va.
J'essaye de m'assoir sur un requin qui est en train de manger le corps de la petite s½ur de Nico, réveillée par le bruit il paraît, je m'en fiche, il y a du sang partout, et je ris, je ris, parce que son sang
n'est ni rouge, ni bleu, ni vert, il est transparent, cette gamine saigne de la vodka pure... Alors on s'approche tous vers elle, on essaye de choper un peu d'alcool, merde c'est bien normal, on est là pour faire la fête !

La gamine à l'air de pleurer, mais peu importe, ses larmes, c'est du rhum, que demande le peuple ! Je me retourne vers la cuisine, j'entends un bruit, j'y vais. Entre temps je jette un ½il sur la gamine, elle a disparu, le requin aussi, la vodka aussi, le rhum aussi, mais aucune importance, rien de bizarre, je continue mon chemin, le bruit persiste et je peux voir des ondes le représenter. J'y entre enfin, à quatre pattes, on sait jamais, faudra peut être passer incognito au milieu de renards. Alors, je me rends compte que la cuisine est remplie d'insectes qui s'attaquent les uns les autres, ils s'entretuent et des milliers de cadavres d'insectes sont par terre, je les écrase, c'est tellement plus drôle de voir tout ce sang s'accumuler alors qu'il ne s'agit que de petites bestioles, je me roule par terre, le monde est à moi, la vie m'appartient et je veux juste rire. Sur le dos j'observe encore les nuées d'insectes, qui se transforment au fur et à mesure que je les vois, tantôt minuscules, tantôt énormes, parfois roses, parfois violets, parfois jaunes, je n'y comprends plus grand chose mais je continue de rire de ces idiots d'insectes qui ne connaissent que le changement.

Nico entre, s'allonge à côté de moi et rit aussi, parce qu'il m'a vu rire, mais il ne sait pas encore qu'il y a des insectes bizarres, alors il regarde et il rit. C'est tellement bon... Mais la présence de Nico dérange ces insectes qui se sont finalement arrêté à une grosseur assez impressionnante et une couleur pas vraiment réelle, entre le noir et le bleu doré, je le ressent comme ça en tous cas. Ils s'arrêtent de virevolter un peu partout et de s'entretuer pour former une masse, juste au dessus de nos têtes, mais nous continuons à rire, encore et encore.

Les insectes attaquent alors Nico, j'essaye de les en empêcher, je n'y arrive pas et ils persistent, le piquant, entrant dans ses vêtements, crevant ses yeux, s'introduisant dans son nez, et lui rit toujours, alors que moi j'ai le sentiment de pleurer sans pouvoir pour autant savoir que des larmes coulent ou que mes points s'abattent sur les insectes, ma tête est bloquée sur une certaine vue, je ne sais même pas ce que je fais de mes mains en réalité. Je suis paralysée, c'est à mon tour d'être attaquée par ces bestioles immondes, mais je ne sens rien !




Je sursaute. J'ouvre les yeux. Je suis encore dans le métro. Mary m'appelle, c'est la sonnerie du téléphone qui m'a extirpée de mon rêve complètement dingue:

"Salut, c'est Mary. Arthur a amené des champi, grouille toi sinon t'en aura pas, on commence à faire tourner"

# Posté le dimanche 03 mai 2009 10:07

Modifié le dimanche 03 mai 2009 10:34